De la Restauration collective d’entreprise à la Restauration en entreprise

Orange affiche une ambition forte pour l’apprentissage et l’alternance, mais sans garantie d’embauche, l’entreprise risque de voir ses jeunes talents partir à la concurrence. Une politique à repenser pour que l’investissement dans la formation bénéficie réellement à l’entreprise. Découvrez l’analyse de la CFE CGC Orange :
L’apprentissage et l’alternance sont au cœur des engagements sociaux d’Orange, visant à accompagner les jeunes dans leur formation et leur intégration au marché du travail. Toutefois, si l’entreprise affiche une ambition chiffrée importante, la distinction entre apprentissage et alternance est floue, et les moyens alloués à ces dispositifs restent limités. De plus, l’absence de garantie d’embauche fragilise la transmission des compétences et favorise le départ des jeunes talents vers la concurrence.
Orange s’est fixé comme objectif d’accueillir 2600 alternants et apprentis, soit une légère hausse par rapport à l’engagement initial de 2500 jeunes (5 % des CDI). Cette ambition risque cependant d’être relativisée par la diminution progressive du nombre de CDI dans l’entreprise.
Le budget alloué à ces formations est de 30 millions d’euros, un montant modeste au regard des ambitions affichées. La confusion entre alternance diplômante et apprentissage soulève des interrogations :
Le fonds national pour l’emploi, qui oriente les financements vers des domaines prioritaires, ont manqué de moyens dès 2024, et la situation risque de s’aggraver en 2025. Quant au Fonds Social Européen (FSE), qui devrait prendre le relais, il impose une répartition complexe des budgets entre les secteurs d’activité, rendant l’accès aux financements plus contraignant.
L’un des points critiques de cette politique est l’absence de garantie d’embauche après la formation. De nombreux alternants et apprentis formés chez Orange se retrouvent contraints de chercher un emploi ailleurs, souvent chez la concurrence.
Contrairement à Bouygues, qui offre un emploi à ses jeunes diplômés, Orange ne s’engage pas sur des perspectives pour ses talents. Cette différence de stratégie a un impact concret :
Si Orange affiche une ambition forte en matière d’accueil des jeunes, les moyens budgétaires limités, la préférence probable pour l’apprentissage au détriment de l’alternance, et l’absence de politique de recrutement claire créent un paradoxe. L’entreprise forme de jeunes talents qui, une fois diplômés, partent renforcer la concurrence.
Pour que cet investissement soit réellement bénéfique à long terme, il est impératif d’assurer une meilleure valorisation des jeunes après leur formation et de sécuriser leur intégration dans l’entreprise. Faute de quoi, Orange continuera à voir ses efforts de formation profiter à d’autres acteurs du marché.
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