L’Arco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) et l’Agirc (Association générale des institutions de retraite des cadres), gestionnaires des retraites complémentaires des salariés du privé, ont gelé les pensions cette année en ne les valorisant pas par rapport à l’inflation. Ceci est prévu dans l’accord du 13 mars 2013. Il s’agit de réduire les déficits des deux régimes afin d’éviter leur faillite.

Il s’agit de penser sérieusement à se constituer un capital pour l’avenir puisqu’il semble de plus en plus que les efforts de rétablissement du budget de l’Etat passeront par une ponction sur le pouvoir d’achat des retraités. Ceci ne sera pas ponctuel mais durable et les retraités à revenus moyens seront la population qui risque une paupérisation avec le temps.

Instituée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2013, la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) s’applique sur les pensions de retraite à partir du 1er avril.

Outre cette contribution additionnelle, les retraités vont également subir le report de la revalorisation annuelle des pensions de base. Elles ne seront plus indexées par rapport à l’inflation le 1er avril, mais à chaque 1er octobre.

Les 11,8 millions de retraités attendront donc 18 mois pour voir leur pension revalorisée, puisqu’en vertu de la réforme des retraites, les pensions de base ne devaient être revalorisées qu’au 1er octobre, au lieu du 1er avril habituel. Cette mesure reconductible chaque année devait rapporter 1,4 milliard d’euros en 2020.

Outre la diminution du taux de remplacement (le pourcentage de son ancien revenu que l’on perçoit une fois arrivé à la retraite), ces mesures invitent tous les salariés à se constituer un capital au fil des années pour l’utiliser lors de leur retraite.

L’épargne salariale aide tous les salariés et notamment les plus modestes à se constituer une épargne destinée soit à des projets personnels qu’ils ne pourraient financer autrement (50 % des déblocages anticipés en France servent à l’acquisition de la résidence principale), soit à une complément de retraite. Pour renforcer cette épargne, outre l’action d’épargner, il faut également que l’Etat puisse garantir aux entreprises et aux salariés une stabilité des dispositifs dans le temps.

La diminution du taux de remplacement (le pourcentage de son ancien revenu que l’on perçoit une fois arrivé à la retraite) :

Taux de remplacement nets à la liquidation à 65 ans et après 40 ans de cotisations,
dans l’hypothèse d’indexation sur les prix et
après hausse14(
*) des cotisations à la charge des assurés permettant d’équilibrer les régimes

Génération

Année de liquidation

1938

2003

1955

2020

1985

2050

Non cadre du secteur privé

       

CNAV

55,9 %

52,6 %

(+ 0,8 pt)

54,4 %

(+ 4,3 pts)

ARRCO

27,6 %

25,4 %

(+ 0,4 pt)

25,4 %

(+ 2,1 pts)

CNAV + ARRCO

83,6 %

77,9 %

(+ 1,1 pt)

79,9 %

(+ 6,4 pts)

Cadre du secteur privé

       

CNAV

26,9 %

24,3 %

(+ 0,5 pt)

24,5 %

(+ 1,4 pt)

ARRCO

11,8 %

10,3 %

(+ 0,2 pt)

9,4 %

(+ 0,5 pt)

AGIRC

25,4 %

23,3 %

(+ 0,5 pt)

22,4 %

(+ 1,2 pt)

CNAV + ARRCO + AGIRC

64,1 %

57,9 %

(+ 1,2 pt)

56,3 %

(+ 3,1 pts)

Fonctionnaire avec un taux de prime de 20 % (cas de l’attaché territorial)

CNRACL

68,7 %

69,7 %

(+ 2,6 pts)

79,6 %

(+ 13,3 pts)

RAFP

0 %

1,5 %

(+ 0,1 pt)

3,5 %

(+ 0,6 pt)

CNRACL + RAFP

68,7 %

71,2 %

(+ 2,7 pts)

83,1 %

(+ 13,9 pts)

Entre parenthèses, hausse de taux de remplacement net due à la mesure de rééquilibrage.

Source : COR, 2005.

Site du Sénat.


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