accès direct à l’article complet

Le ministre du Redressement productif est passé maître dans l’art des raccourcis en accusant le nouvel entrant et le gouvernement précédent de tous les maux.

Arnaud Montebourg a de nouveau endossé son armure de chevalier blanc pour expliquer les difficultés du secteur français des télécoms et pour identifier l’acteur responsable de ce marasme : Free Mobile.
Dans un entretien à l’Usine Nouvelle, le ministre du Redressement productif n’y va pas par quatre chemins. Si le secteur souffre, si Alcatel-Lucent et les opérateurs licencient, c’est de la faute des choix consuméristes du précédent gouvernement et de la politique low cost du nouvel entrant.
« La course au low-cost avec l’arrivée de Free a eu des conséquences sur les opérateurs, sur la sous-traitance, sur les fournisseurs. Et la situation d’Alcatel s’est aggravée : -40 % en un an en France. On ne peut le nier. Dans la téléphonie, nos prédécesseurs nous ont laissé un capharnaüm. Nous commençons à y remettre de l’ordre », lance-t-il.

…/…

La 4G pourrait permettre aux opérateurs de proposer des offres plus premium. Et les conditions favorables de prix de gros offertes à Free Mobile, dans les SMS notamment, pourraient être remises en cause à court terme.
Concernant l’emploi dans les télécoms, comment croire que les plans sociaux sont le fait unique de l’arrivée de Free Mobile.
Tous les spécialistes le répètent : le chiffre d’affaires des opérateurs télécoms est en baisse depuis plus d’un an, crise économique, maturité du marché, nouvelles taxes et baisses des prix de gros obligent. Sans parler de la politique de dividendes élevés de certains opérateurs. Les effectifs globaux sont également en baisse sensible et régulière depuis 2008, trois ans avant l’arrivée de Free Mobile qui lui même a recruté 2000 personnes.

« Les télécoms sont le 4e secteur le plus taxé en France, le législateur hystérique dégrade la rentabilité des opérateurs et donc l’emploi. De mauvais choix ont par ailleurs été faits. La loi rendant gratuite les hotlines a plombé sa valeur et les salariés ont donc été considérés comme une charge poussant l’externalisation. Les centres d’appel c’est 700 000 emplois en Allemagne, 250 000 seulement en France… Autant d’éléments qui provoquent cette situation« , expliquait il y a peu Sébastien Crozier, directeur de la stratégie chez Orange et président du syndicat CFE-CGC/UNSA.

Des emplois supprimés avant l’arrivée de Free Mobile
Les concurrents de Free Mobile, opportunistes, se plaisent à expliquer que leurs plans de restructuration sont récents. Mais la réalité est toute autre. Free n’est pas à l’origine de ces destructions d’emplois et les historiques ont clairement pêché dans l’anticipation.
Par contre, cette arrivée accélère certainement une tendance observée depuis déjà quelques années. 

…/…

Les opérateurs français font appel aux acteurs chinois depuis des années. C’est un choix qui n’a jamais été mis en cause politiquement. Accuser Free semble donc facile. Et la France ne représente que 10% du chiffre d’affaires de l’équipementier…
Invité à réagir à ces déclarations, le service de presse d’Alcatel-Lucent nous indique vouloir se garder de tout commentaires…

Extrait : ZDNet.fr – Olivier Chicheportiche – 12/11/12


Articles complémentaires

  1. L’élection des CAP conditionne votre représentation Au Conseil des Questions Statutaires d’Orange (CQSO) Le Conseil des Questions Statutaires est capital : la Direction rédige elle-même les décrets qui s’appliquent aux fonctionnaires de l’entreprise, avant validation par le Ministère. La CFE-CGC et la CFTC dénoncent ce fonctionnement, qui constitue une atteinte à un principe fondamental du droit : nul ne devrait être à la […]
  2. Sécuriser les parcours professionnels, les carrières, les rémunérations et la retraite Réforme indiciaire 2020 : un goût d’inachevé Les mesures indiciaires et d’amélioration des fins de carrière pour les fonctionnaires d’Orange ont été mises en place en décembre 2020, un an après la Fonction Publique d’État… et en laissant de côté les statuts de fonction (IV.3 et au-delà). La CFE-CGC Orange et la CFTC continuent de se […]
  3. Garantir les droits afférents au statut des fonctionnaires La CFE-CGC et la CFTC défendent le maintien des dispositions prévues par la loi de 2003, qui garantit à l’ensemble des fonctionnaires d’Orange qu’ils et elles garderont leur statut jusqu’à la fin de leur activité.
  4. Discrimination des fonctionnaires d’Orange dans l’accès au Compte Personnel de Formation (CPF) La CFE-CGC Orange écrit à Madame la Ministre du Travail, et à Messieurs les Ministres de l’Economie et des Finances et de l’Action et des Comptes Publics La « loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel » du 05 septembre 2018, qui a pour ambition une nouvelle société de compétences, réforme la formation professionnelle en promettant, […]
  5. Fonctionnaires et salarié-e-s sous la même couverture ! Depuis 2001, en termes de complémentaire santé, la situation des salarié-e-s d’Orange est meilleure que celle des fonctionnaires : les premiers bénéficient d’un contrat collectif obligatoire, dont 60% des cotisations sont pris en charge par l’entreprise ; les seconds, s’ils le souhaitent, s’assurent individuellement et payent 100% des cotisations, moins l’aide forfaitaire de 450 € bruts annuels introduite en février 2015. Cette différence de traitement touche à sa fin, grâce à la ténacité de la CFE-CGC Orange : à compter du 1er janvier 2018, tous les personnels bénéficieront des mêmes garanties. tract_complémentaire_santé_octobre2017.pdf

À la Une

Merci : Rejet à 63,31% de l’accord QVCT par référendum

  • CFE-CGC Orange

La CFE-CGC se félicite du désaveu cinglant infligé à la Direction et à la CFDT par les personnels d’Orange. La Direction a proposé un accord QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) de 70 pages, inconsistant. La quantité ne se substituant jamais à la qualité. Ironie suprême, même l’IA interne « Dinootoo » l’analyse comme de […]