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Avec les premières activations de ligne viennent les premiers déçus, et un buzz négatif qui trouve autant d’écho que le buzz positif qui l’a précédé. Cherchent-ils la petite bête? Est-ce une vengeance des opérateurs? Free a-t-il mal géré la montée en charge? Le point sur ce qu’on reproche à l’opérateur.

Depuis le lancement de Free Mobile, les « pigeons » volent bas. Le nouvel opérateur essuie aujourd’hui un feu de critiques aussi nourri que les applaudissements qui l’ont accueilli la semaine dernière.

Les doutes n’en sont pas moins développés dans un communiqué commun de la CFE-CGC et de l’UNSA des opérateurs Orange, SFR et Bouygues Télécom, qui insinue que le réseau de Free Mobile « ne serait pas activé, au moins pas dans son intégralité. L’essentiel du trafic est donc écoulé par le réseau d’Orange, mais pas dans des proportions conformes à celles prévues par l’Arcep ».

Mais cette polémique semble sur le déclin. D’abord, parce que les opérateurs ont finalement nié avoir envoyé des huissiers. Ensuite, parce que Xavier Niel et surtout Orange, ont démenti tout problème de réseau. Contacté par ElectronLibre, Pierre Louette, directeur général adjoint de France Télécom, a en effet affirmé « qu’il n’y avait pas de problème avec le réseau Free Mobile, et qu’en aucune manière le contrat d’itinérance signé entre le deux sociétés serait fragilisé ».

Cela n’empêche pas la CFE/CGC de l’opérateur historique de maintenir « qu’il n’est pas démontré que le réseau de Free Mobile est en mesure de couvrir 27% de la population. Nous n’avons pas de doute sur le fait que leur réseau n’est pas en mesure de tenir la charge ». Le président de la CFE-CGC/UNSA France Télécom, Sébastien Crozier, nous explique que des tests empiriques ont été menés à Paris dans « un certain nombre de zones, où on ne reçoit pas le réseau de Free ». Ce à quoi une « source interne » à Free répond en confiant au Monde : « Si nos concurrents testent notre réseau à Paris, ils seront déçus : nous y avons peu d’antennes. » Une explication loin de convaincre Sébastien Crozier, car Free aurait dû logiquement installer ses antennes là où il a le plus de clients.

Pourquoi Free Mobile se serait-il mis dans ce pétrin ? Plusieurs hypothèses : par crainte de ne pas tenir la montée en charge au démarrage, préférant se reposer sur Orange. Ou parce qu’il ne couvre pas réellement 27% de la population, ce qui implique qu’il aurait « berné » l’Arcep, en installant des antennes qui ne seraient pas reliées par les infrastructures suffisantes pour écouler assez de trafic. « Il existe des techniques pour ouvrir un réseau en couverture, mais sans avoir la capacité à écouler le trafic », explique la CFE/CGC dans son communiqué. Tout cela ne pénalisant en rien le consommateur, puisque celui-ci accède de toute façon au réseau d’Orange.

Pour l’instant, c’est la parole des uns contre celle des autres. Les coups bas sont de règle. Xavier Niel a chauffé tout le monde en accusant les autres opérateurs de « racket » et de « pigeonner » leurs clients. Leurs salariés ont été piqués au vif, et la tension monte depuis une semaine dans les services clients, qui doivent subir à leur tour les insultes de clients qui passent à la concurrence et en profitent pour régler leurs comptes.

 Extrait : L’Expansion.com – Raphaële Karayan – le 19/01/2012


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