L’entreprise a introduit en 2010 une mesure des critères sociaux dans le calcul de la rémunération variable de 700 de ses cadres supérieurs. Elle déploie désormais son système à 500 autres dirigeants.

La direction des ressources humaines de France Télécom-Orange veut croire que, depuis le départ de Didier Lombard, la page est tournée : « 84% des salariés pensent aujourd’hui que la qualité de vie au travail est identique ou meilleur à celle des autres entreprises. Et surtout, nous avons divisé par deux la part de ceux qui estimaient qu’elle était plus mauvaise dans le groupe qu’ailleurs, entre octobre 2010 et octobre 2011 », constate Brigitte Dumont, DRH adjointe du groupe, en commentant le déploiement du nouveau contrat social engagé par l’actuel dirigeant, Stéphane Richard.

Ce retour à lasérénité intéresse forcément les cadres dirigeants. Depuis décembre 2010, le variable du  » top 700″ ( qui peut représenter jusqu’à 30% de leur rémunération annuelle, voire au-delà pour les membres du comité exécutif) intègre pour la première fois les critères sociaux. Les bonus sont calculés à partir d’objectifs individuels et collectifs auxquels s’applique un corporate factor composé de 30% de facteurs sociaux, de 50% de critères financiers et de 20% d’éléments concernant la qualité de service. « Auparavant, la répartition du corporate se faisait sur 80% de critères économiques et financiers et  20% de qualité de service », rappelle cette porte-parole…

…. A la CFE-CGC, Sébastien Crozier se félicite de cette orientation « pédagogique ». Mais, pour lui, « c’est un changement de culture radical qui est difficile à gérer » pour toute une catégorie de cadres dirigeants à qui « Stéphane Richard demande de ne plus martyriser le corps social ». « Ce sont les mêmes qui, durant cinq ans, ont été « gavés » aux stock-options indexées sur le cours de la Bourse », explique le syndicaliste.

La DRH déploie actuellement son baromêtre  à l’international. Ce qui portera la population éligible à 1200 personnes, dans près de 20 pays. Il s’agirait ensuite d’élargir le périmètre d’application des critères sociaux à une population plus nombreuse, donc plus significative. Sébastien Crozier avance l’hypothèse de 4000 cadres au total, susceptible d’être rétribués sur ce modèle.

Extrait : Entreprise et Carrières – 20/12/2012 – Laurent Poillot


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