Plus les entreprises tentent d’échapper à la crise, en mettant la pression sur leurs salariés, plus elles génèrent des coûts liés au stress, qui loin de favoriser leur compétitivité accentuent leur fragilité tout en impactant par ailleurs le montant de la dette des états, en raison des dépenses de santé publiques associées.

Des milliards d’euros pour le pays et pour les entreprises

Le BIT (bureau international du travail) évalue ainsi jusqu’à 3 à 4% du PIB des pays industrialisés le coût économique du stress professionnel, soit pour la France, quelques 60 milliards d’euros[1].

Une étude de l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) réalisée en 2007 évaluait le coût global du stress pour les entreprises françaises, sur une année, entre 2 à 3 milliards d’euros. L’étude précisait par ailleurs que ces résultats n’étaient qu’une évaluation minimale d’une réalité bien supérieure[2] . Le stress professionnel représentait dès 2000 entre 3 à 3,5 millions de journées de travail perdues[3]. Une étude sur le bien être au travail parue début septembre 2011 révélait une perte moyenne de 25% de la valeur ajoutée des entreprises dûe aux coûts induits par la dégradation de l’organisation et des conditions de travail (cabinet Mozart Consulting[4]).

Les conséquences du stress

Les employeurs ont ainsi tout intérêt à réduire la pression sur leurs employés car ils en subissent de lourdes conséquences financières : baisse de la productivité, présentéisme (être au bureau mais avoir la tête ailleurs), congés maladie, turn over du personnel, formation des nouveaux arrivants, mauvaise image de l’entreprise, etc. Autre effet plus indirect et difficile à quantifier, mais également à l’origine de coûts conséquents, et d’un manque à gagner significatif : la mauvaise ambiance au travail, source de démotivation et de désinvestissement des salariés.

Absentéisme….

Si nous prenons les coûts de l’absentéisme comme principal indicateur du climat social d’une entreprise, Alma Group Consulting considère qu’il peut varier de 0,2 à plus de 4% de la masse salariale. Il s’élève en moyenne à 37 euros (maximum 184 euros) par salarié et par jour d’absence. Dans ce cas de figure, le coût global de l’absentéisme pour une entreprise de 320 salariés peut atteindre 550.000 euros par an[5] (alors que le stress est à l’origine de 50 à 60% des journées de travail perdues[6]).

Et présentéisme

Dans un contexte international, au Canada, le coût du présentéisme représenterait presque trois fois plus que les coûts liés à l’absentéisme[7]. Le coût du stress au travail pour une entreprise de 500 salariés s’élèverait à 2 millions d’euros par an, en ignorant le problème du stress au travail, l’entreprise perdrait environ 4.000 euros par salarié et par an révèle l’étude de Claudia Put de l’université catholique de Leuven[8].

La solution : prévenir

Alors que le management par le stress et les RPS semble avoir montré ses limites, en contribuant entre autres à une destruction des emplois et à une détérioration des conditions de travail, il semble temps d’investir dans une autre stratégie de gestion des risques psychosociaux. Si les gestionnaires et financiers calculaient les coûts directs et indirects liés à la santé et au stress dans leur entreprise, ils seraient convaincus de cet investissement. L’INRS note également que plusieurs études ont confirmé qu’il est « rentable » pour les entreprises d’investir dans la prévention du stress : les coûts de mesures de prévention étant amortis dès la première année[9]. Or, aveuglés par des objectifs « court termistes », seule une minorité d’entreprise fait encore ce calcul et ce choix !


[3] Béjean, Sultan Taieb – Université de Dijon, 2005 ( http://www.ces-asso.org/sites/default/files/Sultan-Taieb.pdf)

[7] Warren Shepell, Health & Wellness Research Database, 2005

[8] Etude de Claudia Put chercheur à l’Université catholique de Leuven et psychologue à l’hôpital Universitaire de Gasthuisberg, 2010 (http://www.stress-info.org/categorie/cout-stress-societe/)


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