FO nous a communiqué un tract de quelques lignes qui annonce plus qu’il n’explique les conditions de « sa victoire » dans la compensation à 100 % de la journée de carence par un accord avec France Télécom dans le cadre de la NAO. Une victoire à la Pyrrhus.

FO se vante de faire du lobbying efficace (de l’anglais lobby = couloir). En réalité, ce syndicat passe certainement beaucoup de temps dans les couloirs de la DRH. S’il croit y trouver la lumière, c’est son problème. Mais de là à accuser nos collègues de la CGT et de SUD et le syndicat CFE-CGC/UNSA de France Télécom de tenter de faire échec à la prise en charge de la journée de carence par France Télécom, il y a de l’abus.

Peut-être FO manque t-il d’expérience car il est clair qu’il n’a pas perçu le fond du problème.
En effet, si un accord sur la création d’une indemnité en compensation de la journée de carence est signé dans le cadre de la NAO, il sera obligatoire de remettre cette indemnité au menu tous les ans.
Autant dire que France Télécom pourra à loisir gratter chaque année un morceau de cette compensation de telle sorte qu’il n’y aura plus de compensation dans quelques années. Entretemps, cette indemnité, fondée sur la base d’un accord et non d’une décision unilatérale, ne créera aucun droit aux fonctionnaires. Son application pourra donc être totalement arbitraire et chacun pourra constater l’impuissance de FO à faire respecter un accord qu’il négocie dans les couloirs de la DRH.
Mais, France Télécom conservera pour toujours le bénéfice d’imposer à tous ses fonctionnaires une journée de carence pour chaque arrêt maladie. Sans pour autant faire le moindre versement au budget de l’Etat.
Puis, France Télécom invoquera l’équité entre salariés et fonctionnaires pour remettre en cause l’accord d’entreprise qui prévoit la prise en charge de 3 journées de carence pour les salariés.
C’est ce qui explique l’obstination de France Télécom, malgré nos démonstrations répétées de l’illégalité du fond et de la procédure et de l’absurdité de l’opération qui consiste à décompter des jours de carence pour les indemniser à 100 %.

FO prend le risque de se retrouver isolé face à un droit d’opposition majoritaire comme la CFTC qui avait signé seule la sinistre GPEC 2006. A l’époque, la CGT, SUD et la CFE-CGC/UNSA avaient fait, pour la première fois, usage du nouveau droit d’opposition majoritaire à un accord signé par un ou des syndicats minoritaires. Les électeurs sauront s’en souvenir aux prochaines élections professionnelles.

La CFE-CGC/UNSA de France Télécom-Orange n’est ni pour un accord de compensation, ni pour une décision unilatérale de compensation (qui pourrait être rapportée du jour au lendemain) mais pour le simple constat du fait que les fonctionnaires de France Télécom ne sont pas désignés par les textes qui instaurent la journée de carence pour les agents publics.


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