2007 a été une année record : le chiffre d’affaire consolidé s’élève à pratiquement 53 milliards d’euros, en progression de 2,8 % en données à base comparable avec un résultat net de 6,3 milliards (contre 4,1 milliards en 2006). Le dividende versé aux actionnaires en juin 2008 est de 3,794 milliards d’euros. Il était pour 2006 de 3,195 milliards d’euros.

Avec 22 000 suppressions d’emplois sur 3 ans, et un blocage des salaires (depuis 3 ans également l’accord salarial est inférieur à l’inflation) cautionné par certains syndicats (CFDT, CFTC et FO en tête), la Direction propose un intéressement exceptionnel : 461 euros nets par Salarié.

Nous sommes loin des annonces faites dans Le Figaro à 1 800 € qui visaient à faire croire au Grand Public que les salariés de France Télécom étaient des privilégiés.

 Ce que nous pouvons retenir :

d’un côté une distribution supplémentaire aux actionnaires de 599 millions d’euros,

et de l’autre côté un budget d’environ 50 millions d’euros décidé unilatéralement par la Direction (c’est-à-dire sans possibilité d’augmenter ce budget par la concertation).

Est-ce cela le partage de la valeur ?

 Certains s’interrogeront aussi ; pourquoi un intéressement exceptionnel et pas tout simplement une prime ?

La réponse se trouve dans les subtilités comptables : l’intéressement exceptionnel peut être soit encaissé, soit épargné. Dans ce dernier cas, il n’y a pas de charges sociales ce qui diminue le coût pour l’entreprise. Un intéressement qui n’a d’exceptionnel que le nom !

La CFE-CGC a refusé de signer et a demandé une enveloppe de 200 millions d’euros pour le versement de l’intéressement exceptionnel, ce qui aurait fait en moyenne environ 2 000€ pour chaque salarié.

La CFE-CGC a écrit à Didier Lombard pour lui fait part de sa surprise de constater que les salariés de plusieurs sociétés, filiales du groupe ont été exclus du dispositif. : Ils travaillent à EGT, à France Télécom E-commerce, à Etrali, d’Expertel Consulting, à Almerys, à Globecast, à Setib, à CVF, à Neocles, à Diwan, à Newpoint, à Silicomp…

 C’est aussi le cas de près de 2 000 salariés d’Equant. La contribution d’Equant au chiffre d’affaires de la Branche Entreprise et sa capacité à éloigner nos clients français de la concurrence n’est pourtant plus à démontrer.

 Le fait que la quasi-totalité de ces sociétés appartiennent au périmètre d’Orange Business Services nous laisse perplexes. Au final, 4 000 personnes ont été exclues du versement des 500 € alors que leur contribution aux résultats financiers est tout aussi importante que les 100 000 autres salariés. La Direction a répondu que les filiales n’ayant pas eu une contribution aux résultats à la hauteur attendue, il n’y aurait pas de prime…

Les accords d’intéressement et de participation prévoient explicitement que les salariés en CFC bénéficient de la participation et de l’intéressement. Il est même précisé, pour l’application des accords, que le CFC est considéré comme du temps de présence. Il en est de même de l’accord du 5 mai 2008 qui prévoit un intéressement exceptionnel de 500€. Celui-ci est proportionnel au temps de présence, et l’accord précise bien, une nouvelle fois, que le CFC est considéré comme du temps de présence. Tous les CFC ont reçu un courrier de Didier Lombard leur annonçant un supplément d’intéressement de 500€ pour in fine ne recevoir que 350€ bruts ! Rien ne justifie cet abattement de 30% pour les CFC. La CFE-CGC a demandé, en vain une explication à la DRH et faute de réponse, nous nous apprêtons à porter l’affaire en justice.


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