A l’occasion de l’élection des représentants du personnel au conseil d’administration du
groupe, Sébastien Crozier, président national du syndicat CFE-CGC d’Orange, parcourt la
France.

Son but : mobiliser les employés pour le premier tour du vote, qui a lieu du 17 au 22 octobre, et leur rappeler au passage que le personnel détient 5% des parts de l’entreprise (deuxième actionnaire après l’Etat. La semaine dernière, il a fait une étape azuréenne : rencontre avec les
militants, tractage sur différents sites… Dans les Alpes-Maritimes, le groupe emploie près de 2.000
personnes.

« C’est un département sensible car il y a beaucoup de R&D, or les opérateurs cherchent à s’en débarrasser au profit des constructeurs. Nous avons encore un centre de recherche à Sophia, mais pour combien de temps ? » Orange, c’est 100.000 employés en France dont 35.000 en région
parisienne. Et une pyramide des âges vieillissante.

« Nous avons besoin de relocaliser les activités sous-traitées à l’étranger et de répartir les emplois en régions, mais il y a une vraie paralysie de la direction, qui fait preuve d’un immobilisme désuet. La France a besoin d’un équilibre géographique en termes d’emploi, et Orange a un rôle à jouer. Cette année il n’y a certes pas eu de licenciements, mais trop peu de recrutements : 2013 est l’une des années les pauvres pour les embauches, il manque une vraie volonté.»

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Et dans la ligne de mire, l’arrivée de Free sur le marché : du low cost sur lequel les trois autres opérateurs ont dû s’aligner, au détriment de la qualité, de la capacité d’investissement et de l’emploi. Sébastien Crozier estime à 8.000 les pertes de postes dans les centres d’appel. Les distributeurs mettent la clé sous la porte, comme The Phone House (1.200 postes). Orange ferme une boutique par semaine en France.

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Autre sujet sensible : « depuis quatre ans, Orange distribue plus de dividendes qu’elle ne fait de
bénéfices. Nous demandons la suspension de leur versement pendant au moins trois ans, ce qui
permettrait d’économiser 2Mds€ par an. » Et donc de pouvoir investir, au lieu de continuer à « mener une politique de court terme. Mais l’Etat, qui détient 27% du capital, demande des dividendes. Les gouvernements Sarkozy et Hollande considèrent Orange comme une tirelire, avec toujours de nouvelles taxes. Les licences 4G ont coûté 4,5Mds€, du coup les quatre opérateurs ont dû tailler dans leurs effectifs….

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La situation est tendue avec l’Etat et avec la direction. « Les dix ans de politique Breton ont mené au déclin. Stéphane Richard a apaisé la crise sociale, c’est son grand mérite mais c’est insuffisant. Maintenant nous devons faire face à des facteurs exogènes : crise économique, pression concurrentielle, demande de dividendes… La seule variable d’ajustement, c’est l’emploi. » Et pour Sébastien Crozier, « rien n’a été fait par nos deux ministres de tutelle, Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg, pour les telecoms. Or s’il y a une réelle volonté politique, la filière pourra remonter.»

Source extrait : Tribune Bulletin Côte d’Azur – Lizza Paillier – 18 octobre 2013


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