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Le 6 octobre 2009, manifestation du personnel des antennes Orange d’Auch et du Gers pour dénoncer la vague de suicides de salariés et le harcèlement de la direction. Sébastien Lapeyrre/La Dépêche du midi/PhotoPQR

Alors que s’ouvrent les audiences techniques de l’opérateur de télécommunications, les syndicats reviennent sur ce dossier historique de la souffrance au travail.

Neuf ans après le début de l’enquête, les victimes et leurs familles espèrent enfin obtenir justice. Aujourd’hui se déroule la première audience technique de ce qui s’annonce comme le procès historique de la souffrance au travail en France, celui de France Télécom, devenu depuis Orange. Seront abordés le nombre de séances et de témoins entendus, préludes à une séquence judiciaire fleuve qui s’ouvrira le 6 mai prochain et devrait durer jusqu’au 2 juillet.

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Sur les 39 cas examinés par la justice, dix-neuf concernent des personnes qui ont mis fin à leur jour, douze des tentatives et huit des dépressions sur une période allant jusqu’à 2010. L’enquête aura été titanesque, l’ordonnance de renvoi, présentée en juin, compte 675 pages et pointe les « mobilités forcées » et autres « missions dévalorisantes », dans le cadre d’« une politique d’entreprise visant à déstabiliser les salariés ». Tous les syndicats se sont portés partie civile.

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Si cette première audience lance le processus, Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC, syndicat qui avait créé avec SUD l’Observatoire du stress et des mobilités forcées en 2007, s’attend à ce que « la défense cherche à allonger la durée du procès, à faire témoigner plus de gens. Ils ont des moyens colossaux. C’est la justice des riches contre celle des pauvres ».

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Encore marqué, Sébastien Crozier souligne que cet épisode reste « un scandale, une tache indélébile. Il y a des gens tellement abîmés par ce qui s’est passé, il y a eu une énorme violence sur le corps social. Et les suicides ne se sont pas arrêtés du jour au lendemain. Le procès doit aussi servir à dire “plus jamais ça”. »

l’Humanité (pour les abonnés) – Cécile Rousseau – 06/12/2018


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