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Alcatel, fleuron industriel du secteur des Télécoms du début des années 90 est aujourd’hui en ruine. La stratégie, encensée par les marchés financiers, et visant à en faire, selon Serge Tchuruk (manager de l’année en 2000 !) «une entreprise sans usine», s’est avérée être un désastre industriel !

Quant à la stratégie conduite par le tandem Breton/Lombard, qui vise, elle, à faire de France Télécom une marque (Orange) sans salariés, elle a en 5 ans fait passer France Télécom du statut d’opérateur mondial (3e en 2002) à celui d’opérateur si ce n’est «local», du moins dépassé en Europe par Telefonica et Vodaphone, tant en chiffre d’affaires qu’en capitalisation.

Profits et suppressions d’emplois record

Sur la période 2006/2008, France Télécom aura perdu 22 000 emplois, et les délocalisations comme la sous-traitance atteignent un niveau record. Ainsi, les interventions techniques, tant sur les infrastructures réseaux que chez les clients, sont sous-traitées à moindre coût ; les centres d’appels sont majoritairement délocalisés vers le Maghreb, voire l’Ile Maurice avec les résultats que l’on sait en termes de service rendu et d’image. La R&D, elle, est déportée en Egypte, en Chine ou à Amman…

Dans le même temps l’entreprise diminue les investissements pour engranger des bénéfices tels qu’en 2007, FT aura réalisé 6,3 milliards de bénéfices, l’équivalent du trou de la sécu…

Une régulation hystérique du secteur des Télécoms !

Alors que le secteur est prétendument «libéré», le nombre d’interventions des pouvoirs publics (ARCEP, Gouvernement, Commission Européenne, Conseil de la Concurrence…) y est paradoxalement l’un des plus élevés, tous secteurs d’activité confondus: prix du roaming, mise en vente en morceau d’une quatrième licence de téléphonie mobile, taxe sur les mobiles pour financer le manque à gagner de la suppression de la publicité sur France Télévision, des dividendes à un niveau plus que généreux (dont, au passage, l’État actionnaire profite largement). Depuis 10 ans, la déréglementation a détruit de l’emploi et l’a précarisé. Et qui sont les principaux bénéficiaires ? Les actionnaires évidemment, pour qui, merci, cela va bien, même dans la crise financière actuelle !

Les syndicats : un rempart pour la défense des salariés ?

En signant la position commune avec le Medef, la CGT et la CFDT ont troqué la fin des 35h (et notamment des RTT pour les cadres) contre la disparition des petits syndicats (ce qui, chez France Télécom, conduira à la disparition de la CFTC et de FO), pour prendre plus facilement le contrôle des CE et des fonds relatifs aux ASC. Ils ont par là même ouvert la voie à une régression sociale sans pareil dans l’histoire de notre société.

Les élections professionnelles 2009 

A France Télécom – Orange, la CFE-CGC et l’UNSA, Ensemble, ont choisi de présenter des listes uniques (une première depuis 1945, pour un syndicalisme français paralysé par ses divisions). Ils ont depuis été rejoints par de nombreux élus issus d’autres organisations syndicales qui sont convaincus que l’unité syndicale est le meilleur rempart contre les agressions sociales de la Direction.

Les élections sont l’occasion de pousser un coup de gueule, en votant pour ceux qui gèrent efficacement le budget des Activités Sociales et Culturelles (ASC) et défendent vraiment l’intérêt des salariés !


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