avec la contribution de l’ADEAS (Association de Défense de l’Épargne et de l’Actionnariat des Salariés)

La Direction de France Télécom organise un battage médiatique depuis maintenant deux ans autour de l’attribution d’actions gratuites disponibles dans 4 ans. Quelques centaines d’euros pour chaque salarié, et au final, compte tenu de la fiscalité, l’équivalent de 10 € par mois de revenus supplémentaires pendant la période de battage…

Rappel du dispositif

Next Reward : attribution d’actions gratuites à l’ensemble des salariés jusqu’au niveau F – 4.3/4.4. Ceux du niveau G et les cadres dirigeants ont eu des Stock Options (moins de 1 000 d’entre eux ont eux 12 millions de stocks options…). Pour avoir ces actions gratuites il fallait que le groupe dégage un cash flow organique supérieur à 6,8 milliards d’euros en 2007 et en 2008, 6,8 milliards auxquels il faut ajouter le coût net du plan. Objectif atteint !

Le 25 avril 2009 les collaborateurs du groupe pourront se voir attribuer ces actions gratuites : 10 millions d’actions pour 100 000 salariés. Elles seront sur un compte au nom du salarié chez BNP Paribas, et, tout en donnant droit à un dividende, devront être conservées jusqu’au 25 avril 2011.

Sur le plan pratique

Nombre maximum d’actions (pour la France) : 10,23 millions d’actions (0,39 % du nombre total d’actions). Cette opération représente 244 millions d’euros pour l’entreprise, soit 122 millions par an pour 100 000 salariés. Pour les temps partiels, le nombre d’actions est au prorata du temps de travail. La plus-value d’acquisition est égale au prix de l’action le 27 avril 2009. Les dividendes sont payés directement sur le compte bancaire associé au compte nominatif ouvert chez BNP Paribas.

 Classification  Nombre d’actions
 A / B – 1.1 / 1.3  60
 C / D – 2.1 / 3.1  80
 Dbis / E – 3.2 / 4.2  120
 F – 4.3 / 4.4  200

Mauvais calculs…

Comme nous l’avons dénoncé dans une précédente lettre, France Télécom a, pour soutenir artificiellement le cours de bourse acheté ces actions à près de 24 € sur le marché alors que la Loi l’autorisait à procéder à une augmentation de capital. Ces 244 millions d’euros pèsent sur notre endettement et génèrent des frais financiers que la Direction entend compenser par une réduction de la masse salariale.

Le cours de l’action ayant perdu près de 30% depuis cette opération, le rachat apparaît encore plus malheureux. France Télécom y a perdu 75 millions d’euros, soit 1220 euros par salarié et par an en moyenne : plus que le montant consacré à l’intéressement exceptionnel de 500 € en 2008. N’oublions pas que sur ces deux années les actionnaires eux ont reçu plus de 7,1 milliards en cumul.

… et totale mesquinerie !

Il est prévu de verser un dividende de 1,4 euro par action au titre de l’exercice 2008. Chaque année ce versement avait lieu en juin. En situation normale, le versement aurait été de 1,4 euro par action en juin 2009. Cependant une partie du dividende, soit 0,6 euro, a déjà été versée en septembre 2008, alors que les actions gratuites n’étaient pas encore distribuées : les salariés n’en verront donc pas la couleur, et le reliquat à verser en juin 2009 ne sera que de 0,8 euro par action.

L’acompte versé aux actionnaires en septembre 2008 au titre de l’exercice 2008, représente au total 1,563 milliard d’euros. Les 10,23 millions d’actions à 0,6 euro auraient rapporté 6 130 000 euros aux salariés. A l’heure où nous parlons de pouvoir d’achat, nous aurions bien aimé disposer de cet argent.

Une fiscalité complexe

Les salariés seront soumis à deux impositions, l’une sur « la plus value d’acquisition », l’autre sur « la plus value de cession »

• La plus-value d’acquisition :

Les actions étant attribuées gratuitement, la plus value d’acquisition sera calculée sur la base du prix de l’action au jour de l’acquisition, c’est-à-dire le 25 avril 2009, (mais le 25 étant un samedi le cours de référence sera celui du 27 avril matin).

A noter : au 8 avril l’action valait 16,97 €

Pour la plus value d’acquisition, nous avons le choix entre l’impôt sur le revenu ou un taux forfaitaire de 30 %.

• La plus-value de cession :

Elle se réalise au moment de la vente de l’action. Elle est égale à la différence entre le prix de vente de l’action (à la date choisie par le bénéficiaire à l’issue de la période de conservation) et le prix de l’action constaté le jour de l’acquisition.

La plus-value de cession est soumise aux contributions sociales CSG, CRDS, RSA sur les revenus des capitaux mobiliers (12,1% en 2009).et imposable de 18 % supplémentaires au titre des plus-values de capitaux mobiliers, si le montant des cessions de valeurs mobilières du bénéficiaire est supérieur à 25 730 euros par an, soit 30,1% d’imposition totale dans ce cas.

Pour ces deux plus-values, l’imposition n’intervient qu’au moment de la vente des actions, donc après le 25 avril 2011. Les dividendes subissent actuellement les prélèvements sociaux à la source au taux de 12,1 %. Les dividendes perçus sur le compte bancaire seront nets de ces prélèvements.

Pourquoi un tel battage ?

Il est effectivement permis de s’interroger sur l’ampleur du battage organisé par la Direction depuis deux ans sur un dispositif particulièrement complexe et ne donnant du pouvoir d’achat que dans 4 ans.

En réalité la Direction a fait d’une pierre plusieurs coups :

  1. elle a essayé de soutenir artificiellement le cours boursier de l’action FT en achetant des millions d’actions sur le marché,
  2. elle cherche à cacher la baisse du pouvoir d’achat des salariés,
  3. elle a dissimulé de façon magistrale l’attribution de 12,5 millions de stocks options à ses dirigeants.
Un programme particulièrement gigantesque et indigne dans le contexte actuel.

Articles complémentaires

  1. Orange : Frédéric Sanchez succède à Jacques Aschenbroich – Boursedirect.fr L’assemblée générale mixte des actionnaires d’Orange s’est tenue le 19 mai à Paris, présidée par Jacques Aschenbroich (Président du Conseil d’administration), en présence de Christel Heydemann (Directrice Générale), et du Conseil d’administration. […] Toutes les résolutions recommandées par le Conseil d’administration ont été votées et approuvées par les actionnaires. S’agissant de la mise en oeuvre […]
  2. Prime de Partage de la Valeur Orange prévoit le versement d’une prime de partage de la valeur (PPV), en lien avec la réussite du plan « Lead the Future 2023-2025 ». Cette prime concernera les salariés liés par un contrat de travail (CDI, CDD et alternants), les fonctionnaires en activité et les intérimaires à la date de signature de la décision […]
  3. Essentiel CSEC N° 56 – Avril 2026 Les points à l’ordre du jour du CSEC d’avril étaient les suivants : Prime de Partage de la Valeur Orientations d’Orange France Orientations du domaine Boucles Locales et Interventions (BLI) Orientations de la Direction Entreprises France Projet de cession de Globecast Holding Retrouvez L’Essentiel du CSEC d’Avril
  4. NAO 2026 et partage de la valeur : le ruissellement vers le haut ! A l’évidence, le cru 2026 du partage de la valeur créée par les personnels est un millésime qui fera date dans les annales. « 2026, annus horribilis ! », telle pourrait être la clameur poussée à l’unisson par les personnels Orange, malmenés et désabusés face à une redistribution de la valeur peau de chagrin. Et […]
  5. La CFE CGC informe l’AMF sur les manquements de la gouvernance de l’épargne salariale L’Autorité des Marchés Financiers ou AMF est le régulateur des marchés et des acteurs de l’investissement.  Suite au courrier de la CFE CGC Orange interpellant Christel Heydemann, la CFE CGC a informé l’AMF des dérives de l’épargne salariale Orange et de notre revendication de modernisation.

À la Une

Merci : Rejet à 63,31% de l’accord QVCT par référendum

  • CFE-CGC Orange

La CFE-CGC se félicite du désaveu cinglant infligé à la Direction et à la CFDT par les personnels d’Orange. La Direction a proposé un accord QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) de 70 pages, inconsistant. La quantité ne se substituant jamais à la qualité. Ironie suprême, même l’IA interne « Dinootoo » l’analyse comme de […]