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La lame de fond Free Mobile serait à l’origine des plans sociaux de ses concurrents. Le constat divise plusieurs experts qui ont participé à une table ronde sur la question au Sénat.

C’est le nouveau leitmotiv des concurrents de Free Mobile. L’arrivée du trublion et de son modèle low cost impactent directement leurs chiffres d’affaires et les oblige donc à couper dans leurs effectifs.
Accusé de « destruction de valeur », Free Mobile est donc le suspect idéal pour justifier les plans sociaux annoncés : 550 départs volontaires chez Bouygues Telecom et peut-être plus de 1000 postes supprimés chez SFR. Globalement, selon les sources, les prévisions de suppressions d’emplois varient de 10 000 à 70 000 sur deux ans.

Vu le contexte, le dossier a été pris en main par le gouvernement. Dans un communiqué, Bercy fait savoir qu’il va recevoir « au plus vite » (sans plus de précision) les intersyndicales des deux opérateurs privés. Ils seront reçus par Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, respectivement ministre du Redressement productif et ministre déléguée à l’Economie numérique

Free Mobile, le coupable idéal : simpliste ?

Par ailleurs, les membres du gouvernement font savoir qu’ils rencontreront ensuite les quatre principaux opérateurs de téléphonie mobile (Orange, Free Mobile, SFR et Bouygues Telecom). Une réunion qui abordera « les moyens du retour à un modèle de croissance, au bénéfice de l’emploi, tant au sein des opérateurs que chez leurs sous-traitants et fournisseurs. »

(…)

Free est-il alors à l’origine de ces destructions d’emplois ou est-il simplement l’accélérateur d’une tendance observée depuis déjà plusieurs trimestres ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre plusieurs experts réunis par Items International à une table ronde sur la question au Sénat.

« Le low cost n’est pas un problème en soi »

Pour Patrice Geoffron, directeur du laboratoire d’économie à l’université de Paris Dauphine, « le low cost n’est pas un problème en soi. Il crée des marchés plus qu’il ne cannibalise. Free Mobile n’est pas le problème central. Il innove commercialement et sa stratégie est complexe. La concurrence doit pouvoir se démarquer et préserver ses emplois en innovant ».

« Le législateur hystérique dégrade la rentabilité des opérateurs »

« Les télécoms sont le 4e secteur le plus taxé en France, le législateur hystérique dégrade la rentabilité des opérateurs et donc l’emploi. De mauvais choix ont par ailleurs été faits. La loi rendant gratuite les hotlines a plombé sa valeur et les salariés ont donc été considérés comme une charge poussant l’externalisation. Les centres d’appel c’est 700 000 emplois en Allemagne, 250 000 seulement en France… Autant d’éléments qui provoquent cette situation », ajoute Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC/UNSA…

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L’Arcep aurait dû faire une étude d’impact »

Pour Bruno Deffains, directeur du laboratoire d’analyse économique du droit à l’université Paris Panthéon Assas, et auteur de la fameuse étude chiffrant à 70 000 les emplois détruits dans les télécoms suite à l’arrivée de Free, c’est le régulateur qui est responsable. « L’Arcep aurait dû faire une étude d’impact avant l’attribution de la 4e licence….

Extrait : ZDNet.fr – Olivier Chicheportiche – 9 juillet 2012


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