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A quelques jours de son audition dans l’affaire Tapie, prévue lundi 10 juin, le patron d’Orange, Stéphane Richard, est déstabilisé. Il n’a pas encore été entendu par les juges que son avenir donne déjà lieu à une bataille en coulisses.

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, l’affirme : s’il est mis en examen, M. Richard ne pourra pas rester PDG d’Orange, dont l’Etat possède encore près de 27 % du capital. « Si Stéphane Richard est mis en examen, il lui sera difficile de rester. Jérôme Cahuzac a démissionné alors qu’il n’était pas mis en examen. Nous devons tous être exemplaires, ministres et patrons de grandes entreprises publiques », déclare le ministre au Monde.

M. Montebourg fait savoir qu’un successeur sera en état d’être nommé si M. Richard, arrivé à la tête de l’ex-monopole des télécommunications en 2009, devait partir.
Un proche de François Hollande s’inquiète aussi de l’avenir du patron de l’opérateur : « Dans cette affaire, il va falloir un fusible. Pour raison d’Etat, personne ne veut inquiéter Christine Lagarde à la tête du FMI. Et en plus, elle s’est bien défendue… »

« J’AI EU L’ASSURANCE DE FRANÇOIS HOLLANDE QUE JE RESTERAI À MON POSTE »
Contacté jeudi 6 juin au matin, M.Richard, en plein séminaire avec 1 200 cadres de l’opérateur de télécommunications, réagit vivement à ces propos ministériels. « J’ai eu l’assurance de François Hollande que je resterai à mon poste, et aussi celle de David Azéma, le patron de l’Agence des participations de l’Etat. C’est vraiment irresponsable d’agiter ainsi les esprits, au risque de destabiliser un groupe de 170 000 salariés dans le monde », confie-t-il, assurant, dans la foulée, qu’il allait demander des réassurances « tout de suite » au chef de l’Etat.
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« L’Etat ne demandera pas sa démission », renchérit un conseiller de M. Hollande. Tout en laissant entendre une issue plus sibylline : « Stéphane Richard dépend de son conseil d’administration », et c’est à ce conseil de lui demander, éventuellement, de partir. Trois représentants de l’Etat y siègent – sur 15 membres – deux pour l’Agence des participations de l’Etat, un pour le Fonds stratégique d’investissement.
A Bercy, on explique cependant que la question de la démission de M. Richard est hypothétique, et dépend, si elle venait à être posée, de la gouvernance de France Télécom, entreprise privatisée il y a près de quinze ans.
 

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M. Lombard n’avait pas su trouver les mots pour apaiser ses salariés – il avait eu cette expression malheureuse de la « mode » des suicides –, à l’automne 2009, qui avait achevé de le disqualifier en interne.
M. Richard a su renouer le dialogue avec les syndicats, les fonctionnaires (encore 60 % des effectifs) et les salariés de droit privé de l’opérateur.

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. « Ce n’est vraiment pas le moment de changer de capitaine, on est en pleine tempête », relève Sébastien Crozier, de la CFE-CGC, faisant allusion à la très forte concurrence dans l’Hexagone à laquelle fait face aujourd’hui l’opérateur.

M. Richard n’avait peut-être pas vu venir l’affaire Tapie, mais il s’était porté candidat à sa propre succession bien plus tôt que nécessaire. En juillet 2012 alors que son mandat arrive à échéance en mai 2014.

Extrait: LeMonde.fr – Cécile Ducourtieux et Arnaud Leparmentier – 6 juin 2013

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